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Dix premières pour les marques européennes

Mercredi, janvier 28th, 2009

Par Marc Lachapelle

 

La 41e édition du Salon International de l’auto de Montréal regorge des modèles les plus nouveaux, comme pour défier la morosité économique actuelle. Voici un bref survol des primeurs qui furent dévoilées par les constructeurs européens durant la journée de presse du 15 janvier.

 

Audi Q5 – Audi Q7 TDI – Audi A6 2009

Le camp Audi affiche une confiance robuste et néanmoins réaliste cette année en dévoilant le Q5, son tout nouvel utilitaire compact de luxe, et une version diesel du Q7 son grand frère de taille intermédiaire. Le Q5 est propulsé exclusivement par un V6 de 3,2 litres et 270 chevaux couplé à une boîte automatique à 6 rapports et le fameux rouage intégral quattro de la marque aux quatre anneaux entrelacés. Le diesel sous le capot du Q7 TDI est un V6 à injection directe de 3,0 litres qui produit 221 chevaux à 4 000 tr/min mais surtout un couple maxi à grimper les murs de 406 lb-pi à seulement  2 750 tr/min. L’autre nouveauté au kiosque Audi est une A6 subtilement redessinée. Ces trois véhicules sont des modèles 2009.

 

BMW Série 7 2009

Par une heureuse coïncidence, BMW a choisi de dévoiler la nouvelle édition de son modèle porte-étendard dans la ville où a grandi Karim Antoine Habib qui en a dessiné et sculpté la carrosserie. Le projet de Karim a été choisi parmi ceux de dix équipes de design chez BMW parce qu’il correspondait le mieux aux objectifs poursuivis d’être à la fois dynamique, élégant et empreint d’une forte « présence naturelle ». La nouvelle ‘7’ sera offerte en version 750i ou 750Li à empattement allongé, les deux propulsées par le nouveau V8 BMW à double turbocompresseur de 4,4 litres qui produit 400 chevaux et un solide 450 lb-pi de couple de 1 750 à 4 500 tr/min. Toujours pas de rouage intégral pour la Série 7 qui sera toutefois dotée d’une ‘direction active intégrale’ qui ajoute des roues arrière directrices à la direction à rapport variable déjà connue, de même qu’un dispositif antiroulis actif et une kyrielle d’autres merveilles électroniques. 

BMW 7 Series

BMW 7 Series

 

Mini Cooper et Cooper S décapotables 2009

Dans le kiosque voisin, la division Mini du constructeur bavarois a présenté les nouvelles décapotables Cooper et Cooper S 2009. Ces nouveaux modèles ressemblent à s’y méprendre à leurs devanciers ce qui est justement l’idée avec des modèles populaires. Les ventes de Mini Canada ont augmenté d’un remarquable 33 % l’an dernier dans un contexte difficile, alors il ne faut pas changer une telle recette gagnante. Cela dit, les nouvelles décapotables profitent d’une série de retouches pertinentes telles que des arceaux de protection arrière beaucoup moins proéminents qui améliorent la visibilité arrière immensément et des charnières dissimulées pour le couvercle du coffre arrière. Dans le plus pur esprit ludique de la marque Mini, elles sont également dotées d’un chronomètre « toujours ouverte » qui mesure « le temps que vous passez décapoté » de dire Stephen McDonnell, le patron de Mini Canada, à la blague.

 

Jaguar XK et XKR 2010

Des versions inédites d’un duo de classiques de la marque Jaguar ont faits leurs débuts canadiens à Montréal. Les coupés et décapotables XK et XKR ont effectivement été sérieusement redessinés pour l’année-modèle 2010. Les deux voitures affichent de nouvelles calandres et une partie arrière dont la portion inferieure a été discrètement retouchée et qui loge de nouveaux feux à DEL. À l’intérieur, elles ont droit au sélecteur électronique JaguarDrive rotatif et rétractable apparu l’an dernier dans la berline XF. Les nouvelles XK et XKR ont également chacune sa version du nouveau AJ-V8 Gen III à injection directe, moteur à la fois plus performant et plus écolo. Celui de la XK est un V8 atmosphérique de 5,0 litres qui produit 385 chevaux et 280 lb-pi de couple tandis que le V8 de la XJR est suralimenté par compresseur et on lui attribue 510 chevaux et un généreux 460 lb-pi de couple.

 

Mercedes-Benz GLK 350 4Matic 2010

Le clou du kiosque Mercedes-Benz à Montréal était le tout nouvel utilitaire compact cossu GLK 350 4Matic 2010. Sa silhouette marie les surfaces sculptées de certaines Mercedes récentes telles que la berline de Classe C dont elle partage la plate-forme de base et la dégaine carrée du fameux Geländewagen qui a jadis engendré les véhicules de Classe G. Avec pour seul moteur disponible un V6 de 3,5 litres et 268 chevaux, le GLK 350 roule de série sur des jantes de 19 pouces. On l’a équipé de la panoplie complète des accessoires, des éléments de sécurité passive et des systèmes électroniques auxquels on s’attend toujours du doyen des constructeurs, y compris un antidérapage qui maintient tout dans le droit chemin lorsqu’on profite des 1 588 kg (3,500 lb) de capacité de remorquage. JoAnne Caza, porte-parole de Mercedes-Benz Canada, a confirmé que le prix de base du GLK est de 41 800 $ durant le lancement canadien de ce modèle au salon. 

Mercedes-Benz GLK 350

Mercedes-Benz GLK 350

 
Smart Fortwo Brabus 2009

En se tournant de quelques degrés vers la droite, Mme Caza a ensuite présenté les nouvelles Fortwo Brabus 2009, offertes en versions coupé et cabriolet par la marque Smart, propriété de Mercedes-Benz. Ces deux microvoitures sont dotées du même tricylindre de 1,0 litre et 70 chevaux mais ont également reçu une série de modifications et d’accessoires destinés à rehausser leurs performances et leur apparence. Elles vont d’un échappement plus sportif avec double embout chromé à une suspension modifiée et une carrosserie abaissée de 10 mm. Un quatuor de jantes Monoblock VII également créées par Brabus et des ajouts à la carrosserie et à l’habitacle complètent le travail.

 

Volkswagen Touareg TDI 2009

Volkswagen élargit sa gamme de modèles à moteur diesel vers le haut cette année avec le lancement de l’utilitaire de luxe intermédiaire Touareg TDI 2009. Cette version inédite du Touareg est propulsée par un V6 turbodiesel de 3,0 litres qui génère 221 chevaux et 407 lb-pi de couple à un très bas régime de 1 750 tr/min. Couplé à une boîte automatique à 6 rapports, ce muscle permet au Touareg de sprinter de 0 à 100 km/h en moins de 9 secondes avec d’excellentes cotes de consommation de 11,9 L/100 km en ville et 8,0 L/100 km sur la route. Ce moteur respecte également les normes d’émissions polluantes les plus strictes grâce à la technologie AdBlue qui injecte une solution non-toxique, inodore et biodégradable dans les gaz brûlés pour réduire la production d’oxyde d’azote (NOx).

 

Volvo XC60 2009

Le svelte et fort élégant multisegment compact Volvo XC60 était le centre d’attraction du kiosque du constructeur suédois au Palais des congrès. Cette toute nouvelle série est animée par un six cylindres en ligne transversal turbocompressé de 3,0 litres qui livre 281 chevaux à 5 600 tr/min et 295 lb-pi de couple à 1 500 tr/min. Il est jumelé à une boîte automatique à 6 rapports et un rouage intégral. Le nouveau XC60 est plus court qu’une XC70 de 20 cm et plus bas qu’un XC90 de 7 cm. Il est également le premier à offrir la technologie City Safety de Volvo, un système qui applique les freins s’il détecte une collision imminente à une vitesse de 33 km/h ou moins et que le conducteur ne réagit pas.

Douze premières pour le Japon et la Corée

Mercredi, janvier 28th, 2009

Par Marc Lachapelle


Parmi les trente-quatre nouveaux modèles qui ont fait leur première apparition en terre canadienne au Salon International de l’auto de Montréal, plus du tiers provenait de constructeurs japonais et coréens et deux étaient également des primeurs nord-américaines. En voici un survol rapide :

 

Prototype Kia Soul Hybrid – étude Kia Koup

Kia Soul

Kia Soul

Kia et Mitsubishi ont partagé l’honneur de dévoiler des modèles en première nord-américaine lors de cette 41e édition du SIAM. Le constructeur coréen Kia a présenté le Soul Hybrid, un prototype dérivé du nouveau multisegment compact Soul qui sera offert avec un quatre cylindres de 1,6 litre et 122 chevaux comme moteur de base et un autre de 2,0 litres et 142 chevaux en option. Le Soul Hybrid est doté d’un groupe propulseur hybride conçu autour d’un moteur de 1,6 litre. Il partage l’affiche avec le prototype Koup, un coupé sport compact rouge plutôt réussi.

 

 

Mitsubishi Lancer Sportback 2009
La Mitsubishi Lancer Sportback 2009 a été montrée pour la première fois en Amérique du Nord avec l’aide de deux athlètes de calibre mondial, la skieuse et ancienne championne mondiale de descente Mélanie Turgeon et Benoît Huot, multiple médaillé d’or aux Jeux paralympiques en natation. Mitsubishi soulignait ainsi son soutien à l’organisme Right To Play qui aide les enfants dans le besoin de par le monde. Offert en réponse à la grande popularité des voitures avec hayon chez nous, la nouvelle Lancer Sportback est exclusive au marché canadien. Elle sera commercialisée dès ce printemps en versions GTS et Ralliart, toutes deux propulsées par un quatre cylindres à double arbre à cames en tête de 2,4 litres et 168 chevaux, couplé à une boîte manuelle à 5 rapports de série. Une boîte à variation continue (TVC) avec 6 paliers en mode manuel et des manettes de sélection au volant est une option. Les Sportback sont également équipées d’une suspension sport avec de plus grosses barres antiroulis, d’une barre anti-rapprochement et de quatre freins à disque de plus grand diamètre.

 

Honda Insight 2010

Honda Insight

Honda Insight

Dévoilée à Montréal une poignée de jours après son lancement mondial à Détroit, la deuxième génération de la Honda insight pourrait difficilement être plus différente de son devancier, un coupé à deux places aux roues arrière couvertes de jupes aérodynamiques qui fut le premier hybride vendu en Amérique du Nord. La toute nouvelle Insight 2010 est dérivée en partie de la nouvelle Fit lancée récemment. Elle est pourvue de la dernière version du groupe propulseur hybride de Honda, élaboré autour d’une version bonifiée du quatre cylindres de 1,3 litre et marié à une transmission à variation continue (TVC). Ses cotes de consommation projetées sont de 4,8 L/100 km en ville et de 4,5 L/100km sur la route. La nouvelle Insight sera offerte à prix extrêmement concurrentiel d’à peine plus de 20 000 $. Elle fera certainement beaucoup de vagues.

 

 

Prototype Hyundai Tucson FCEV
Savourant encore le prix de la Voiture nord-américaine de l’année décerné à sa berline de luxe Genesis, le premier constructeur coréen en montrait une version étonnamment modifiée à son kiosque durant la journée de presse à Montréal. Cela dit, le véhicule présenté en première canadienne était plutôt le Tucson FCEV propulsé par une pile à hydrogène. Le porte-parole de Hyundai a mentionné qu’une version de série de ce prototype allait être mise en vente en Corée dès l’année-modèle 20102.

 

Nissan Cube 2009

Nissan Cube

Nissan Cube

La mode et le sport étaient à l’honneur chez Nissan et Infiniti. La première Nissan Cube fut lancée en 1998 au Japon et connut un succès immédiat. Même chose pour la deuxième génération, offerte en 2002. Un bond en avant et nous voici au dévoilement de la troisième génération de la Cube désormais offerte chez nous avec sa silhouette toute en angles droits qu’on a comparée à « un bouledogue en verres fumés » et pour moteur un quatre cylindres de 1,8 litre à double arbre à cames en tête de 2,4 litres et 122 chevaux. Il entraîne les roues avant par l’entremise d’une boîte manuelle à 6 rapports ou d’une transmission à variation continue (TVC) 

 

 

Nissan 370Z 2009

Nissan 370z

Nissan 370z

À l’autre extrême sur l’échelle de la performance on retrouve la deuxième génération de la sportive ‘Z’ du 21e siècle.  La 370Z 2009 entièrement redessinée est un peu plus courte, large et légère que sa devancière, la 350Z. Elle est propulsée par un V6 à double arbre à cames en tête de 3,7 litres qui livre 332 chevaux, boulonné à une boîte manuelle à 6 rapports dotée d’un nouveau dispositif électronique qui hausse le régime du moteur parfaitement en rétrogradant. Vous pouvez également l’obtenir avec une boîte automatique à 7 rapports qui ajuste elle aussi les régimes en mode manuel. Avec u prix de base de 39 998 $, cette nouvelle ‘Z’ promet des performances et une valeur exceptionnelle pour le prix.

 

 

Infiniti G37 convertible 2009

Infiniti G37

Infiniti G37

À quelques mètres de là, au cœur du kiosque Infiniti, rayonnait la nouvelle G37 décapotable, elle aussi en première canadienne. Construite sur une version à empattement allongé de la même plate-forme que la ‘Z’ et propulsée par une version à peine moins fougueuse du même V6 de 3,7 litres, bonne pour 325 chevaux, la G37 est dotée d’un toit rigide rétractable à trois panneaux.

 

 

Toyota Venza 2009 – prototype Scion Fuse

Scion Fuse

Scion Fuse

Les visiteurs au salon de Montréal on montré beaucoup d’intérêt et de curiosité à l’endroit du tout nouveau multisegment Toyota Venza 2009. Sous sa carrosserie aux lignes profilées, la Venza à cinq places peut être dotée soit d’un quatre cylindres de 2,7 litres et 182 chevaux, soit d’un V6 de 3,5 litres et 268 chevaux, tous deux jumelés à une boîte automatique à 6 rapports avec le choix de la traction ou d’un rouage à quatre roues motrices. Dans une autre salle, Toyota Canada exposait le prototype Scion Fuse en guise d’avant-goût pour les débuts de la marque Scion au Canada, prévus pour 2010 avec des modèles 2011 tout nouveaux.

 

 

Lexus RX 350 / 450h 2010 – Lexus IS décapotable 2010 

Targa Lexus GS450h

Targa Lexus GS450h

Entre-temps, un duo de jumeaux non-identiques était le centre d’attraction au kiosque Lexus. Sous des carrosseries aux lignes subtilement redessinées, les très populaires multisegments de luxe RX 350 et RX 450h affichent une kyrielle de retouches et de bonifications. Le RX 350 est propulsé par un V6 à essence de 3,5 litres et 275 chevaux boulonné à une nouvelle boîte automatique à 6 rapports. Le RX 450h, d’autre part, affiche un groupe propulseur hybride essence-électricité entièrement révisé et conçu autour d’un V6 de 3,5 litres qui fonctionne selon le cycle Atkinson pour un meilleur rendement énergétique. Il profite aussi de nouveaux systèmes de recirculation des gaz comburés et de récupération de la chaleur des gaz d’échappement qui réduisent davantage les émissions polluantes et permettent une réduction de la consommation en carburant de 14 %. Avec une puissance combinée calculée de 295 chevaux pour ce moteur et les moteurs électriques, cet utilitaire n’a rien d’un escargot. Et pour les épicuriens amoureux du soleil, Lexus dévoile ses nouvelles IS décapotables. Les IS 250 C et IS 350 C disposeront du même toit rigide rétractable lorsqu’elles arriveront chez les concessionnaires au printemps. 

 

 

Mazda3 2010
La Mazda3 2010 est la deuxième génération entièrement remodelée de la compacte qui était presque immédiatement devenue un best-seller au pays. Avec une nouvelle calandre qui semble vous faire un large sourire et des renflements d’ailes avant qui évoquent les récents prototypes de Mazda – et sa sportive RX8 – la Mazda3 se reconnaît néanmoins instantanément. Elle est disponible en berline classique ou en berline avec hayon, propulsée par une version retouchée du quatre cylindres Mazda de 2,0 litres qui produit 148 chevaux ou un nouveau ‘quatre’ de 2,5 litres et 167 chevaux, jumelé à une boîte manuelle à 6 rapports.

 

Subaru Forester PZEV 2010 – Subaru STI de rallye
Pour conclure, Subaru a joué à la fois les cartes du propre et du poussiéreux au salon de Montréal.  Ce constructeur a d’abord dévoilé son utilitaire Forester 2010 qui est reconnu comme véhicule à pollution partiellement nulle (PZEV) grâce à son quatre cylindres à plat atmosphérique de 2,5 litres. La cote PZEV (pour Partial Zero Emission Vehicle) est la deuxième meilleure qu’accorde l’organisme californien CARB après les véhicules à pollution nulle (ZEV) tels que les purs électriques. Le Forester rejoint ainsi les séries Legacy et Outback qui offraient déjà des versions PZEV. Dans un tout autre registre, le kiosque Subaru accueillait également son Impreza STI championne canadienne des rallyes, présentée par son pilote Patrick Richard qui a décroché ce titre conjointement avec son copilote Alan Ockwell à la conclusion de la première saison de cette voiture. Les deux vont tenter de répéter l’exploit cette année devant des concurrents encore plus forts.

Les belles et les bêtes

Mercredi, janvier 28th, 2009

Par Marc Lachapelle

 

L’histoire de l’automobile déborde de créations originales et marquantes mais on a également vu aussi quelques bizarreries au fil des années. Certaines attractions spéciales du Salon international de l’auto de Montréal de cette année ont présenté plusieurs exemples de la première catégorie mais on a également pu y voir un échantillon étrange et néanmoins intéressant de la deuxième.

 

Directement au septième ciel

Les visiteurs du SIAM montent immédiatement au septième ciel où quelques douzaines des voitures les plus belles, les plus rapides et les plus rares étaient à nouveau rassemblées cette année. Dans cette grande salle, ils trouvaient d’abord une collection de décapotables des années cinquante, toutes de chrome, de grandes ailes et de couleurs vives parées comme si elles s’étaient alignées pour une douce soirée au cinéma en plein air ou au resto d’époque avec service à la portière. La liste des invitées se lisait comme suit : Mercury Monarch Lucerne 1954 et 1957, Cadillac 62 Series 1953, Chevrolet Bel Air 1955, Cadillac Eldorado Biarritz 1957, Corvette 1954 et 1957, Mercury Montclair 1956, Ford Fairlane 600 Skyliner 1958 et Pontiac Starchief 1957.

Porsche 911 GT3

Porsche 911 GT3 (photo: Marc Lachapelle)

Dans le même espace on retrouvait certaines des sportives et exotiques européennes les plus désirables : six Lamborghini, cinq Lotus, un roadster Mercedes-Benz SLR McLaren à son chant du cygne, un kiosque Porsche où trônait une 911 GT3 Cup prête pour les circuits, quatre Aston Martin, un trio de Bentley, deux Maserati et une brochette de Ferrari allant d’une F430 Spider de 318 000 $ à une F599 Fiorano GTB de 418 000 $.

 

Icônes et curiosités

Un peu plus loin dans le parcours, les visiteurs trouvaient une collection très différente de véhicules réunis sous le thème ‘Innovation – évolution’. Ils pouvaient d’abord y voir une version 1971 de la Citroën DS 21, une des voitures les plus novatrices et techniquement brillantes jamais conçues, jumelée à une magnifique Studebaker Regal Commander 1953 dessinée par le légendaire Raymond Loewy, maintes fois présenté comme le père du design industriel.

Ford Pinto 1979

Ford Pinto 1979 (photo: Marc Lachapelle)

À quelques mètres devant étaient ensuite regroupées trois voitures de la défunte marque American Motors qui sont célèbres à leur manière: une AMC Gremlin 1973, une Javelin 1973 et une AMC Pacer 1976 dont les papas baby-boomers rappelaient le surnom – l’aquarium – à leurs enfants éberlués. Les ados ont bien aimé la Pacer. Tout juste à côté on découvrait ensuite deux voitures qui font elles-mêmes partie de la culture populaire pour des raisons fort différentes. Tandis que la DeLorean DMC-12 1981 et sa carrosserie en acier inoxydable évoquent à la fois le fiasco industriel de sa brève existence et l’immense notoriété que lui a valu son rôle de machine à voyager dans les films ‘Retour vers le futur’, la Ford Pinto (modèle 1979 exposé) est surtout connue pour un réservoir de carburant porté à exploser en cas de collision par l’arrière.

 

Imagination et ingéniosité suisses

Alignées dans leur propre section de la même salle on pouvait ensuite découvrir trois des créations parfaitement uniques du magicien Frank Rinderknecht, l’âme et le cerveau de Rinspeed. Cette modeste firme installée en Suisse a ébloui et fasciné journalistes et visiteurs en présentant une nouvelle création lors de chacun des 15 dernières éditions du Salon de Genève. À titre d’invité spécial du SIAM 2009, monsieur Rinderknecht avait apporté trois de ses voitures : l’eXasis et sa carrosserie de plastique entièrement transparente; la Senso, qui réagit aux humeurs et aux émotions de son conducteur et la Splash, aux commandes de laquelle il a lui-même établi un nouveau du monde Guinness pour voitures à hydrofoils en traversant la Manche en 2006. La Splash est propulsée par un bicylindre de 750 cm3 qui consomme du gaz naturel et produit 140 chevaux, assez pour filer à 80 km/h sur l’eau et 200 km/h sur la terre.

Hydro-Québec et TM4 à l’avant-garde

Mardi, janvier 27th, 2009

Par Marc Lachapelle

 

Les voitures sport et les exotiques étincelantes sont toujours les centres d’attraction dans les salons mais la plus grosse nouvelle du dernier Salon international de l’auto Montréal était sans doute la présentation d’une minuscule voiture électrique indienne propulsée par des composantes et des technologies développées par Hydro-Québec et une de ses filiales à quelques douzaines de kilomètres du centre-ville de Montréal.

 

La société d’état Hydro-Québec, plus grand producteur d’hydroélectricité au monde, mène depuis fort longtemps des recherches sur l’électricité et ses usages pratiquement illimités. Des équipes de l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ) s’intéressent à l’automobile depuis près de vingt ans et une partie de ce travail de recherche et de développement a essaimé vers des filiales plus petites et potentiellement plus agiles.

Hydro-Québec, chef de la direction de Christian Vandal, et le ministre de l'Énergie du Québec Claude Béchard
Thierry Vandal, PDG d’Hydro-Québec et Claude Béchard, ministre de l’Énergie du Québec 

La firme TM4 est une de ces filiales et elle avait d’importantes nouvelles à livre durant la journée de presse du SIAM. TM4 a effectivement annoncé qu’elle avait été choisie par Miljø Innovasjon, elle-même une filiale du grand constructeur indien Tata Motors – qui possède d’ailleurs les marques Jaguar et Land Rover – pour fournir des moteurs et des systèmes électriques pour un programme d’évaluation d’une voiture électrique qui sera mené en Norvège durant les deux prochaines années.

 

Une voiture électrique pour braver l’hiver scandinave

Pour ce programme, Miljø va construire cent exemplaires d’une version tout-électrique de la minivoiture Tata Indica Vista en utilisant des composantes développées par TM4 au cours de la dernière décennie et regroupées sous l’appellation commerciale enregistrée MФTIVE. Parmi ces composantes, on compte un moteur électrique à aimant permanent de 37 kilowatts qui offre « le meilleur rapport puissance/poids de sa catégorie et un des meilleurs rendements », selon son fabricant, et une batterie au lithium polymère qui est à la fine pointe du développement de cet élément critique de la propulsion électrique.

Hydro-Québec, chef de la recherche sur les matériaux André Besner
André Besner, chef de la recherche sur les matériaux à Hydro-Québec (photo Marc Lachapelle) 

La Miljø Indica EV, dont un prototype était en montre au salon de Montréal, est censée accélérer de 0 à 60 km/h en 9 secondes et atteindre une vitesse de pointe de 110 km/h. Son autonomie serait de 200 kilomètres et elle se rechargerait en 8 heures avec une prise de 220 volts à 16 ampères. Et elle peut évidemment récupérer de l’énergie cinétique par régénération au freinage et en mode frein-moteur, comme toute bonne hybride. L’Indica EV peut accueillir quatre adultes et leur bagage et elle est dotée de coussins gonflables et de freins ABS. 

 

Il sera intéressant de voir comment se déroule projet-pilote en Norvège puisque le climat de ce pays scandinave ressemble beaucoup au nôtre. TM4 fonde beaucoup d’espoir sur sa réussite et souligne que son moteur de 37 kW peut être utilisé non seulement sur de pures électriques mais également sur des hybrides classiques ou rechargeables équipées d’un moteur thermique d’appoint.

 

Est-ce enfin la batterie miracle?

Tout près de l’Indica EV au kiosque de TM4 dans la section ‘verte’ sur SIAM, le scientifique André Besner, Ph.D. et chef du département de recherche en chimie et matériaux d’Hydro-Québec, décrivait fièrement les vertus exceptionnelles d’une petite boîte verte au couvercle transparent. Elle contient une batterie qui comporte une série de petites cellules individuelles et elle a été développée par ‘l’équipe batteries’ d’Hydro-Québec, sous la direction de Karim Zaghib. André Besner explique que cette batterie au lithium et phosphate de fer (C-LiFePO4) est sûre, durable, puissante et à la fois écologique et relativement peu chère à produire puisqu’elle est essentiellement composée de fer, un élément chimique extrêmement abondant mais aussi beaucoup moins cher et toxique que les éléments chimiques tels que le cadmium et le nickel qu’emploient d’autres batteries lithium-ion.

Batterie PHET
La batterie PHET  (photo Marc Lachapelle) 

Selon Besner, on peut littéralement enfoncer un clou dans une batterie C-LiFePO4 – un test standard pour cette industrie – et voir la température grimper à environ 130 degrés et la batterie continuer de fonctionner comme si de rien n’était: « Le même ‘test du clou’ avec certaines batteries au cobalt, par exemple, va provoquer un court-circuit et un emballement thermique qui fera grimper la température à 400 degrés en 1/10e de seconde et atteindre le point de combustion ou d’éclatement ». Hydro-Québec détient également 90 % de la propriété intellectuelle mondiale pour les liquides ioniques à ‘sel dissolu’ ininflammables pour les batteries, un domaine où on peut s’attendre à un développement fulgurant à court terme.

 

La batterie au lithium et phosphate de fer (LiFePO4) a été inventée à l’Université du Texas en 1995 par John Goodenough, docteur en physique, et développée ensuite par Hydro-Québec à l’IREQ, situé à Varennes au Québec, de 1997 à 2001. Ce travail a mené à une amélioration substantielle de la conductivité de la batterie – le point faible du concept originel – par l’ajout de molécules de carbone aux particules de phosphate de fer de la cathode pour obtenir la batterie C-LiFePO4 exposée à Montréal. La batterie ‘écologique’ PHET C-LiFePO4 est actuellement produite par la Pihsiang Energy Technology, une firme taïwanaise qui a obtenu les droits mondiaux exclusifs pour sa fabrication en masse de Phostech inc., une compagnie installée au Québec qui détient la licence mondiale sur les droits intellectuels et brevets que possèdent conjointement le docteur John Goodenough, l’Université du Texas et Hydro-Québec. Le docteur Besner mentionne aussi que la prochaine génération de la voiture sport électrique Tesla utilisera une batterie C-LiFePO4 fabriquée par Pihsiang.

 

Détail intéressant et ironique, le prototype électrique et les voitures hybrides de série présentées au dernier Salon de Détroit par le constructeur chinois BYD (Build Your Dreams) utilisent aussi des batteries au phosphate de fer que BYD appelle simplement batteries ‘Fe’. Selon André Besner d’Hydro-Québec, la technologie employée dans ces batteries par BYD – qui est également le plus grand producteur mondial de batteries lithium-ion – est effectivement identique à celle de la batterie   dont son employeur détient le brevet mondial conjoint : « Aucune demande de brevet n’a été faite à l’origine durant les années 90 en Chine (pour cette technologie). Cette utilisation est donc légale aussi longtemps qu’ils demeurent en Chine mais lorsqu’ils décideront de vendre à l’extérieur du pays, ils auront un problème. »